«I used to wear a suit»

(récit de voyage)

À quoi j’ai pensé.

Autour de moi, des machines se font la guerre pour un peu d’attention. Tous ces jingles, ces ding ding ding, ces néons clignotants, tous ces écrans tactiles hyperactifs et ces stimuli qui fusent de toute part ont saturé mon disque dur depuis au moins une heure déjà. Qu’est-ce que je fous ici. J’essuie une série d’échecs à trouver la sortie, jamais annoncée, à travers ces corridors qui débouchent sur d’autres corridors, ces labyrinthes de larges pièces sans horloge où n’entre aucune lumière du jour, stratégie connue pour transformer les vacanciers sans histoire en joueurs pathologiques. Las Vegas. Capitale du divertissement. 31 décembre.

C’est l’attrait de l’aubaine qui m’a fait atterrir ici, et c’est l’envie d’oublier que j’y suis qui m’encourage à investir l’argent épargné dans une quantité déraisonnable de vodkas cheap. La première décision que j’ai prise à Vegas, il y a deux semaines, aura été de sacrer mon camp. Je m’en félicite aujourd’hui. Entre les parcs nationaux de l’Utah et les petites communautés de l’Arizona, j’avais réussi à faire le plein de calme et d’émerveillement. J’avais pu lancer quelques introspections qui n’auraient pas refusé quelques heures de paix supplémentaires. Je suis entrain de me vider de toute la beauté qui m’habite.

Je suis revenue à Sin City pour accueillir ma mère avec qui je passe le reste de ce voyage; elle devrait arriver à peu près en même temps que le nouvel an. J’avais pensé naïvement que tant qu’à repasser par ici, je pourrais tâter le pouls de la Strip, ce boulevard central qui héberge tous les grands casinos, ce serait sans doute une expérience culturelle, m’étais-je dis, mais pourquoi déjà? Je suis ici depuis 8 heures ce matin. Et au désespoir depuis midi, environ. Il est 17 heures.

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J’ai passé la journée pressée d’aller nulle part. Marché jusqu’à en avoir mal aux pieds jusqu’à la prochaine éventualité, jamais satisfaite de l’endroit, incapable de rester en place plus de cinq minutes. À l’extérieur, de plus en plus de gens se pressent dans les rues pour célébrer le nouvel an. Je n’ai jamais été une fille de grands rassemblements et les décomptes collectifs me mettent mal à l’aise. J’aurais pu prévoir que Las Vegas attirerait les foules de fêtards comme trente festivals d’été, mais bon, je n’y pense plus. Je bois. J’ai découvert le West Wing, un petit bar d’hôtel épargné par le harcèlement des machines à sous, où, brièvement, mes esprits se sont repris. Je les ai perdu quelque part au milieu de ma troisième vodka : l’alcool fort a toujours été chez moi synonyme de dérive précipitée.

Le reste de la soirée est une série de peut-être. J’ai peut-être marché en ligne droite jusqu’au Whisky bar avec ce qu’il me restait d’obstination dans le corps. J’ai peut-être bu un, ou deux rhum and coke avec deux Australiens et j’ai peut-être insulté le plus petit des deux quand il m’a proposé de monter avec lui dans sa chambre. Je me suis endormie, peut-être profondément, sur une banquette du Rainforest Café où ma mère devait me rejoindre dans encore plusieurs heures. J’ai peut-être réalisé que j’avais besoin de vomir au moment précis où la main d’une des serveuses du restaurant m’a gentiment secoué l’épaule. J’ai reposé longtemps, peut-être plus d’une heure, la joue sur la lunette d’un bol de toilettes, enfin confortable d’être quelque part. J’ai peut-être mis quelques secondes à reconnaître le bruit sourd des feux d’artifices et à comprendre que l’année venait de commencer, ou de finir, et j’ai surtout pensé que ça voulait dire que quelqu’un allait bientôt être là pour s’occuper de moi.

J’ai finis par être capable de me lever et de répondre aux textos de ma mère, qui vibraient dans ma poche depuis un moment déjà. Elle était prise dans un taxi. D’humeur concise, j’y suis allée d’un «OK» efficace avant de retourner m’étendre au Rainforest Café. Power nap. «Sorry m’am, but you can’t sleep in here», m’a réveillée une voix connue. «I know, I know, I’m leaving.» «It’s you again, isn’t it?» avait constaté la serveuse pendant que je fuyais, honteuse et à regret, cette banquette qui avait réussi à calmer mes nausées.

Je marche dans un casino de Las Vegas et je pleure des larmes de petite fille. Tout m’envahit, le chaos des foules, le regard sans âme des gamblers qui ont vu passer l’année attachés à une machine, les passants trop saouls qui ne sont pas ma mère, qui n’offrent aucun réconfort à ma crise existentielle. Puis ma mère est là, devant le Rainforest café, elle ouvre les bras comme un point d’exclamation, c’est un tour de magie, la nuit peut finir, enfin, je ne suis plus en charge de rien.

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Sin City, prise deux. J’ai laissé ma mère nous conduire au Wynn, un hôtel cinq étoiles dont la décoration ne me déplaît pas trop. En entrant, on passe sous une allée d’arbres où poussent quelques phénomènes intéressants de mosaïculture. Même si l’ensemble est chargé, contempler un peu de verdure dans ce mirage m’a procuré une détente presque spirituelle. J’ai passé quelques minutes à observer chaque fleur comme si je pouvais trouver en elle la solution à cette lassitude que je traine aujourd’hui. Je crois bien les avoir toutes regardées avant de m’avouer que mon humeur restait la même.

Ma mère s’amuse avec son iPad à la section fumeur d’un bar pendant que je cherche ailleurs une autre façon de tuer le temps. Notre avion ne décolle que tard ce soir. En partant de Los Angeles ce matin, on s’était donné le temps d’arrêter en chemin, mais au bout du compte, rien ne m’interpellait vraiment. Alors nous revoici à Las Vegas avec plusieurs heures à perdre. J’ai du mal à sortir de ma tête aujourd’hui, comme j’ai du mal à y entrer vraiment pour faire la paix avec ce qui m’empêche de sourire. Un entre-deux bien désagréable à vivre pour qui s’enferme avec moi dans le huis-clos d’une voiture. Je plains ma mère qui m’a endurée pendant cinq heures de route.

Je suis de ces gens qui ont besoin de solitude comme les plantes ont besoin d’eau de temps en temps; voici venue cette phase où je manque d’éclat et de vigueur. Ma mère a beau être des plus faciles à vivre, après une semaine sans une journée à moi, je rêve de m’isoler du monde entier, dans le noir et le silence le plus complet, et chaque contact avec elle m’impatiente. Compréhensive de ces états qu’elle a déjà subi maintes fois, elle veut bien m’attendre au bar pendant que j’erre parmi les machines.

Il me reste un dollar en poche, et j’ai envie de l’investir dans un écran qui en vaut la peine. «Je saurai lequel quand je le verrai», c’est ce que je me répète depuis une demi-heure, me surprenant à trouver quelque chose de divertissant dans cette quête futile. N’empêche, je suis plutôt exigeante, et aucun de ces jeux ne m’inspire confiance. Leur graphisme est trop chargé, leurs règles trop complexes, à vue de nez. Alors c’est finalement la paresse qui guide mon choix. J’insère le billet vert. Sans comprendre le système de points, je fais ce qu’on me dit de faire, soit bien peu de choses. Finie l’époque où l’on s’impliquait d’une coudée franche dans sa propre chance, maintenant tout se joue du bout du doigt. Des chiffres changent sur le tableau à chaque fois que j’appuie sur la touche «spin». Après une minute, le total de mes gains atteint 1,47$. Incroyable marge de profit! Je n’espère pas mieux. J’appuie sur la touche «cash in». Une preuve s’imprime sur un petit papier et je m’empresse d’aller la montrer à ma mère, comme si j’avais fait là un beau bricolage. On rigole quelques instants de mes débuts sensationnels dans l’univers du gambling. Mais il n’y a finalement qu’assez peu de chose à en dire. Elle retourne à ses courriels et moi à mon ennui. J’entreprends d’aller réinvestir mon profit, question de m’enorgueillir d’être allée au bout de quelque chose aujourd’hui.

Cette fois, je choisis la première machine venue, une histoire de roue chanceuse, de dragons et de diamants, pour me débarrasser de ce qui me paraît soudain comme une lourde tâche. Je me sens salie par cette petite victoire qui m’a un instant monté à la tête. J’insère mon billet et reste debout à côté de l’écran qui s’anime pour mon vulgaire 1,47$. En quelques secondes, spin, spin, spin, je perds tout. Voilà. J’ai appris ma leçon. Je peux retourner à ma vie d’avant.

Si tôt que je tourne les talons à la machine, la lassitude fait un come-back puissant. Je suis vidée, vidée par ce voyage qui a confirmé mes craintes d’être cette personne partiellement sociable qui n’arrive pas à tolérer les gens que j’aime plus de quatre jours d’affilés. J’aimerais être de ceux qui distribuent les accolades en s’écriant «BONNE ANNÉÉÉÉÉÉÉE!!!» à la ronde au premier de l’an, de ceux qui, à Noël, expriment avec chaleur toute l’importance qu’ont leur famille, leurs amis et l’être cher dans leur équilibre de vie. Je suis plutôt celle qui trouve rusé de disparaître au milieu d’un nouveau nulle part quand le temps des fêtes approche de trop près. J’ai pensé à tort que ma mère, que je ne vois jamais depuis qu’elle est déménagée à quelques heures d’avion, échapperait à cette distance que je mets à date fixe entre moi et l’amour qui m’entoure. Je me suis trompée. Encore.

Je la vois de loin, toujours aussi affairée avec sa tablette, et je me souviens de ce que mon ami qui nous a hébergé à L.A. a répondu quand je lui ai demandé l’impression qu’il avait d’elle. «She’s having a good time!» avait-il dit simplement. C’est vrai qu’elle a l’air heureuse. Elle n’est peut-être pas troublée de ma difficulté à trouver mon bonheur auprès d’elle en ce moment. Elle a mis au monde une enfant entêtée qui répétait qu’elle était capable toute seule, une ado dont elle a respecté les secrets qu’elle devinait pourtant, elle a vu naître une adulte qu’elle a regarder partir encore et encore, plus fière que préoccupée, envieuse, peut-être, de ne pas être libre de la rejoindre dans ses aventures.

Mais elle tait peut-être ses inquiétudes, ses peurs que je ne sois, pas tout à fait, capable toute seule. Elle ravale peut-être ses blessures de mère qui aimerait être la solution à tout mais qui doit composer avec le fait que donner la vie à quelqu’un, ce n’est pas la vivre à sa place, c’est accepter la distance, les non-dits, les mensonges blancs. Elle a trouvé dans un pragmatisme mesuré la manière de vivre pleinement et sans douleur ce qu’elle a encore à vivre, avec ou sans ses enfants devenus grands. Je la connais assez pour savoir qu’elle n’aime pas les explications, et je l’épargne de mes questions. Je cherche ailleurs, de toute façon.

J’erre vers une autre section de l’hôtel, où des lanternes au design imaginatif sont suspendues comme des montgolfières. D’une balustrade, on peut admirer l’intérieur d’un restaurant chic, dont le mur entièrement vitré offre à voir un écran d’eau, dressé entre un large étang et de hauts arbres feuillus. Un éclairage savant leur attribue des couleurs subtiles et chatoyantes, beaucoup plus plaisantes à l’oeil que le néon des machines. Cela m’intrigue et m’apaise, deux sentiments plutôt positifs pour cette journée mal commencée. Je décide de rester devant quelques minutes.

Bientôt, l’ambiance rouge-orange vire au noir et, partout sur l’écran et l’étang, des points blancs explosent comme des pétards. Quelque chose de spectaculaire va se passer, manifestement, ou décevra plusieurs attentes. L’éclairage est maintenant vert et bleu, sauf pour la surface de l’étang qui s’agite d’une projection multicolore et psychotique. L’attention de plusieurs passants a été retenue. Ils voient en même temps que moi une gigantesque marionnette de grenouille se lever derrière l’écran d’eau et s’y accoter comme à un bar. Le portrait a quelque chose de malsain. Les yeux de la bête sont énormes, et ses paupières s’ouvrent et se referment lentement comme s’il se délectait d’un vice. Sa tête se promène dans un axe obscure qui rappelle la danse d’un hippie en transe. Sa bouche s’ouvre à un rythme irrégulier, et ses longs doigts battent une mesure, ou s’impatientent, difficile à dire. Dans l’étang, quatre silhouettes distancées, plongées dans l’eau à des profondeurs diverses, sont tournées vers elles, immobiles, comme des disciples. Non, je ne ne comprends vraiment pas ce qui se passe dans ce restaurant. L’éclairage s’assombrit, devient bleu-nuit, de la boucane monte depuis le feuillage, couvre la grenouille pendant qu’elle retourne d’où elle venait. Noir. Comme si rien ne s’était passé, la lumière se rallume sur un décor vide. Je retrouve cette bonne vieille ambiance orangée qui m’avait détendue il y a de cela trois minutes mais je ne vois plus les choses de la même façon.

Je cherche autour de moi des réactions qui prouveraient que je n’ai pas rêvé l’épisode. Cela me rassure d’entrevoir quelques passants à peu près satisfaits qui rangent le téléphone avec lequel ils ont filmé la scène. Ils empruntent des directions différentes avec l’air d’avoir déjà oublié cette nouvelle chose extravagante qu’ils viennent de voir à Vegas. Contrairement à eux, je n’arrive pas à décrocher de cette grenouille qui est venue troubler quelques certitudes sur l’art de divertir les foules.

Le sens de tout ce que je viens de voir m’échappe encore. Comment peut-on mettre tant d’efforts à animer une grenouille géante pendant trois minutes pour ensuite la ranger dans un fond de placard, comme un jouet usé? Pourquoi une grenouille et pas autre chose? Pourquoi bougeait-elle de façon presque morbide? Et pourquoi ces quatre disciples sortis de l’eau? Bien sûr, c’est peut-être là la proposition de deux ou trois esprits créatifs sur la cocaïne à qui un riche héritier aurait donné carte blanche. C’est peut-être Vegas et ses idées folles. Mais une partie de moi veut tirer quelque sagesse de cette expérience.

Je l’ai! Si la grenouille n’a été là que quelques minutes, c’est qu’elle reviendra. Forcément. Question de rentabilité. Je n’ai qu’à attendre et la scène se répétera. Pas question que je reparte d’ici tout de suite. J’attends la grenouille d’un pied ferme.

Du coin de l’oeil, je vois approcher un homme dans la mi-trentaine. Il s’installe tout près et s’appuie comme moi sur la balustrade pour observer l’intérieur du restaurant. Je fais mine de ne pas le voir. Dans l’immobilité qu’il s’impose, il dégage une certaine fébrilité. «What’s that? What are we looking at?»

Je jette un coup d’oeil furtif dans sa direction pour être sûre que c’est à bien à moi qu’il s’adresse, puis reviens tranquillement à ma vigie. «We’re waiting for the frog», précise-je, consciente du mystère que j’installe. «What frog?», demande l’homme. Je le regarde plus longuement. Il est d’origine asiatique, a un visage rond et une peau abimée. Ses cheveux ont pris un pli convaincant en s’allongeant mais menacent de s’ébouriffer au prochain courant d’air. Son regard vivant est peut-être un peu halluciné, à bien s’y attarder. «There was this giant frog over there and it was kind of scary or awesome, I haven’t decided yet. So I’m waiting for its next appearance», que j’explique d’un ton détaché. Il m’a écouté en hochant la tête plus que nécessaire. «That’s sounds fun! Can I wait too?» me dit-il avec la sincérité d’un chiot qui veut apprendre à s’assoir. J’hausse les sourcils, surprise. «Sure… you can do that if you want».

J’ai donc un allier dans ma quête mais je ne sais pas trop quoi en faire. Pendant un bon dix secondes, on regarde l’écran d’eau comme si le sort du monde en dépendait. Puis notre attention se relâche et l’obligation de quelques civilités se fait sentir.

  • How long have you been in Vegas? lance-t-il joyeusement.

  • Long enough… And you?

  • Oh! Way too long.

L’homme se lance en un temps record dans l’histoire de sa vie. Il est parti de Hong-Kong pour vivre le rêve américain. Las Vegas était pour lui l’endroit où il allait faire carrière dans les affaires. Il a brièvement occupé une position modeste dans une entreprise quelconque avant de découvrir les plaisir du jeu et de la crack cocaine. Bien vite, il a perdu son emploi, faute de productivité. Mais il s’est rabattu sur une nouvelle carrière : modèle sur la Strip. C’est un métier répandu par ici, qui consiste à prendre place sur un coin de trottoir déguisé(e) en personnage de film, en icône sexuelle, ou en tout autre chose qui donnerait l’envie aux touristes d’échanger quelques dollars contre une photo souvenir. Peut-être pour éviter la compétition, mon nouvel ami a choisi d’être un nouveau-né, couche aux fesses et suce à la bouche. Dans les bonnes journées, il arrivait à faire 125, 150$, qu’il dépensait vite en crack, utile pour oublier que son travail consistait à se promener en couche à Las Vegas. Il est resté vague sur ce qui l’occupait depuis. Il espérait un jour réussir à appeler sa mère à Hong-Kong qui devait s’inquiéter d’être sans nouvelle depuis si longtemps. Elle devait même penser qu’il était mort. Mais chaque fois qu’il avait un peu d’argent, il s’empressait d’acheter de la drogue. «I used to wear a suit», avait-il conclu avant de laisser planer la phrase comme un constat d’échec.

Absorbée par le récit de ses malheurs, je n’avais jusqu’alors pas pris la peine de remarquer ses habits. Son chandail côtelé en coton beige et ses amples pantalons gris ne soulignent pas spécialement cette grande décadence vestimentaire qui semble le troubler tant. Sauf que ses bas disent autre chose. Ses bas, troués, sont aussi ses souliers.

Je le regarde à nouveau dans les yeux, absolument incapable de trouver les bons mots pour poursuivre la conversation. Le silence flotte entre nous comme un pont entre deux mondes parallèles.

L’homme, qui ne sait plus quoi ajouter, regarde à nouveau le décor du restaurant avec un dernier espoir d’y voir apparaître une grenouille. Léger, il tend la main vers moi. «Well, have a good day!» Je la lui souhaite en retour en lui serrant la main, perplexe.

Cet homme n’a pas d’orgueil.

Un instant, je l’envie.

Je reste quelques instants sur la balustrade, à regarder le décor du restaurant chic, qui n’a pas bougé depuis le début de notre conversation. Attendre le retour d’une grenouille me semble être la chose la plus grossière à laquelle j’aie pu un jour penser.

Le pas trainant, je retourne voir ma mère. Elle me donne quelques nouvelles grappillées sur le web. La simplicité de ces faits choisis me calme. On se lève bientôt pour partir, enfin.

En sortant, on repasse devant le restaurant, et un attroupement sur la balustrade indique que quelque chose s’y passe. Je m’approche, encore un peu curieuse de revoir la grenouille. Mais elle a été remplacée par une énorme silhouette de tête de femme qui sort de l’étang et sur lequel sont projetés des visages qui changent au même rythme qu’un trip d’acide. Une animation de serpent géant prend forme autour, et je sens que je ne vais encore une fois pas être en mesure de donner un sens à tout ça.

Je m’éloigne avant d’en avoir trop vu.